Après avoir essuyé un glacial revers sur une gravière du Nord de la France, j’avais hâte de retrouver mon petit coin de paradis; je m’évade donc durant quelques jours sur la rivière de mon cœur avec mon fidèle acolyte Joffrey ….
Le choix du poste sera vite approuvé au vu des résultats plutôt encourageant que nous avons enregistrés quelques semaines auparavant….
L’arrivé sur le poste en bateau facilitera le transport du matériel et nous permettra de passer inaperçu aux yeux des « crabes »...
Une espèce indésirable, en nette augmentation depuis quelques temps, qui commence à irriter sérieusement ma compassion en ces lieux pourtant si vastes et si sauvages.
Les cannes sont rapidement montés et rejoignent plusieurs spots prometteurs (herbiers, sortie de ruisseau, bois morts…). Coté appâts, je me suis orienté vers une nouvelle bille en test concocté par mon ami Sylvain, dont les effluves et la composition ne laissent aucun doute quand à la qualité et à l’attraction de cet appât. D’ailleurs côté effluves ; ma voiture en garde toujours des séquelles…merci les Beta x….
Mes cannes sont eschées à l’aide de bouillettes en double 24 mm pour éviter un minimum la blanchaille.
L’attente sera de courte durée puisqu’avant la nuit un premier poisson se fera piéger à la limite des herbiers, une belle miroir aux couleurs typiques viendra poser sous les flashs du numérique.
Un rapide repas et un gros dodo finira cette journée qui a commencé sous les meilleurs hospices.
Au petit matin, je constate que rien n’a bougé, hormis quelques barbeaux goulus qui ont joué avec mon palpitant pendant la nuit.
Nous savourons un bon café sous une épaisse brume tout en contemplant notre belle rivière; j’aime ces petits moments simples et authentiques…où sincérité, partage et amitié se mêlent. Je vis et respire ma passion, loin de la foule, en toute simplicité pour simplement m’épanouir et me ressourcer.
La journée sera rythmée par la rencontre d’un invité surprise, un écureuil surexcité, certainement vexé que nous ayons établi notre campement, aussi léger soit il, sous son noisetier…
C’est après une journée sans touche mais une motivation sans faille que nous replaçons nos montages pour la nuit.
S’en suit un repas classique pour nous, en bon aveyronnais que nous sommes : un petit Aligot – Tripoux.
Après ce frugal repas, un ami passe nous voir ; nous veillerons tard dans la nuit, pour ensuite tomber paisiblement dans les bras de Morphée.
A l’aube, Joffrey enregistre son premier départ à la sortie du ruisseau, c’est partie pour un petit tour de bateau au milieu de la rivière ; le combat d’une piètre intensité n’aura duré que quelques minutes.
Un petit souvenir de la belle et de sa caudale écarlate et elle rejoint aussitôt son élément.
Il est l’heure de faire les comptes : 2 nuits pour 2 poissons, c’est la moyenne pour cette rivière dite difficile ; mais nous préférons changer de secteur car nous avons la certitude qu’il y’a mieux à faire….
Coup de poker pour cette 3ème et dernière nuit, nous décidons de nous rabattre vers un poste que nous connaissons parfaitement (le fait d’y a voir plongé à différentes reprises n’y est pas étranger).Malheureusement, depuis notre dernière visite, il a beaucoup changé, nous sommes loin du petit poste paisible et verdoyant que nous connaissions auparavant. Végétation massacré, détritus et chemin bien fréquenté pour un parfait camping 4 étoiles… quelle honte!
Devant de tels actes, on s’aperçoit aisément que certaines valeurs, qui font de notre passion un véritable art de vivre, sont belles et bien inexistantes pour certains...
Tant pis, on tente le coup quand même, Joffrey dépose ses 3 montages les yeux fermés, sur les zones les plus productives habituellement; quand à moi mes 2 montages regagnent deux gros herbiers devant moi…j’en profite pour enrober mes billes avec les nouveaux boost & dips…
C’est sous une pluie battante que nous entamons notre dernière nuit, le niveau d’eau reste stable, c’est de bonne augure pour la suite…
5h du matin je suis réveillé par un petit bip, ma canne a sauté du détecteur et se retrouve en apesanteur, je ferre aussitôt, le poisson est tanqué. Ni une ni deux je saute dans le bateau et arrive à l’aplomb du poisson qui sort des branches. Le poisson colle le fond mais se rend facilement. A la lueur de ma frontale je découvre une miroir massive…
Je replace ma canne au même endroit, j’ai à peine le temps de reposer ma canne que la seconde démarre ; incroyable ! C’est reparti pour un joli combat tout en puissance comme je les aime. Au bout de quelques minutes, j’aperçois enfin le poisson, une longueur impressionnante, un écaillage de folie…A cet instant, je comprends alors que je tiens un poisson magique et la pression commence à monter. La tension est à son comble, la mise à l’épuisette approche, elle repart, je coupe ma frontale, le poisson entre dans le filet ; c’est gagné… quel poisson. Le lot vient de m’offrir un de ses plus beaux joyaux…
De retour sur la berge, mon ami n’en croit pas ses yeux, cette linéaire à la robe dorée et à l’écaillage parfait nous laissent sans voix.
Après la séance photo, je resterais durant plusieurs heures, plusieurs jours, sur mon petit nuage…et personne ne pourra m’en décoller….
En ce lieu magique où chaque poisson se mérite, il y’a des sessions qui marquent une vie…et celle-ci en fera à coup sur partie…
Gaëtan
1. 03/02/2012
super recit des tres joli clicher
ps: j'adore aussi l'aligot un plat tipique du pays