Les batteries

Les batteries


Pour notre pêche, les batteries sont devenues quasi indispensables pour atteindre les postes en bateau, effectuer les repérages, échosondage, dépose de lignes, amorçage, combats…et son achat est un véritable investissement car une batterie à décharge lente coute chère (entre 100 et 300 € suivant le modèle). Alors pour éviter d’en changer tous les 2 ans, il suffit de suivre quelques règles d’utilisation.

 

 

 

I) Types de batterie :

 

• Batterie acide liquide /plomb :

 

Les batteries ouvertes sont les plus connues puisque l'exemple type en est la batterie "Auto" : la solution d'acide sulfurique est présente sous forme liquide.

(+) Les batteries ouvertes présentent pour principaux avantages leur prix relativement économique et leur facilité d'entretien (possibilité de rajout d'eau)

(-) Nécessité de réaliser un appoint d'eau périodique (espacement en année).

(-)Précautions de manutention spécifiques (acide sulfurique). Nécessité d'un local ventilé.

 

 

• Batterie AGM :

Absorbed Glass Fiber : une feuille en fibre imbibée d’électrolite (70% acide / 30% eau) sépare les plaques de plomb.

(+) Pas de liquide.

(+) Batterie étanche.

(+) Pas d’entretien, batterie à recombinaison de gaz (pas de perte d’eau).

(+) Taux d’autodécharge faible (1 à 3 % par mois)

(-) Durée de vie en cyclage assez faible

(-) Diminution de la durée de vie de moitié avec une augmentation de la température de 8°C. Prix élevé.

 

• Batterie gel :

L'électrolyte est figé par l'addition de gel de silice.

(+) Pas d'entretien, très faible dégagement d'hydrogène.

(+) Faible taux d'autodécharge (1 à 3 % par mois).

(+) Durée de vie en cyclage élevée (500 à 1200 cycles selon les technologies)

(+) Bonne résistance au cyclage profond (peut être déchargée complètement)

(-) Prix élevé.

(-)Peu adaptée aux courants de charge/décharge élevés / Batterie AGM.

(-)Plus résistantes que les batteries AGM aux températures élevées, mais reste sujet au risque de perte d'électrolyte, difficile à compenser car les batteries gel sont closes.

Pour notre usage, ces trois batteries conviennent, votre choix se basera essentiellement suivant votre budget. Quoiqu’il en soit, la durée de vie et l’autonomie de votre batterie dépendra de votre utilisation et de son entretien.

La plupart des batteries ont une durée de vie annoncée par le fabricant de 5 ans. Pour atteindre cette longévité et plus, lors de vos sessions, vous devrez avoir une attention toute particulière à son état de charge.

 

II)                   Principe :

 

 

Lorsqu’on utilise la batterie, la batterie se décharge, les ions SO42- vont sur les électrodes et les sulfatent. L’oxygène libérée par l’anode (+) s’unit aux ions hydrogène pour former de l’eau. En cas de décharge profonde, l’électrolyte sera composé essentiellement d’eau.

 

Lorsqu’on recharge la batterie, l’électrolyte est régénéré, l’anode et la cathode (-) se désulfatent, l’oxygène retourne sur la plaque positive pour former dioxyde de plomb (PbO2) et la concentration en ions H+ augmente.

 

 

 

III) Phénomènes de dégradation :

La sulfatation :

Lorsque la batterie se décharge, un phénomène de sulfatation se produit sur les électrodes. Si la batterie n’est pas rechargée rapidement (moins de 48h), la sulfatation peut devenir définitive, c'est-à-dire qu’une simple recharge tardive ne régénèrera pas tout le sulfate, et les électrodes perdront en rendement. La batterie mourra à petit feu et de façon irrémédiable.

 

La décharge profonde :


Une utilisation de 80% de l’énergie de la batterie correspond à une décharge profonde, qui diminuera irrémédiablement sa durée de vie (divise par 2 ou 3 voir plus). De plus, en regardant le principe de fonctionnement, on s’aperçoit qu’en état de décharge extrême, l’électrolyte n’est plus composé que d’eau, ainsi la batterie devient vulnérable au gel.

 

 

L’autodécharge :


Une batterie se décharge lentement en état de repos, c’est l’autodécharge, ce phénomène est plus ou moins prononcé suivant la technologie de batterie. Pour un batterie acide liquide / plomb, elle sera de 5% par mois (batterie neuve), pour une AGM ou une batterie au gel, de 1 à 3 %. Une batterie neuve entreposée depuis plusieurs mois pourra se retrouver en état de décharge sans même avoir servi.

 

La chaleur :


La chaleur dégrade aussi les batteries, notamment les AGM qui sont les plus sensibles à ce facteur. Certains annoncent une durée de vie pour les AGM de 10 ans à 25°c, celle-ci tombe à 5 ans à 33°C, soit une durée de vie divisée par 2 pour une élévation de 8°c…

 

 

 

 

 

IV) Les bonnes habitudes :

A la maison :

Il conviendra de toujours maintenir votre batterie à sa tension la plus proche de son maximum, c'est-à-dire aux alentours de 13,8 V. Pour ce faire, il faudra obligatoirement utiliser un chargeur « automatique » type U/I, qui aura la faculté de stopper le cycle de charge à la valeur précédemment citée puis il passera en phase dite de maintien. Il s’agit, la aussi d’une étape importante pour la longévité de la batterie. Cette phase peut-être représenté par un graphique de type sinusoïdale, le sommet de la crête est de 13,8 V, le chargeur arrête la charge et passe en phase de maintien, la courbe (tension) redescend à cause de l’auto décharge jusqu’à une valeur paramétrée du chargeur (sur le mien à 12,9 V), le chargeur se remet en route pour de nouveau s’arrêté à 13,8 V etc…on dit que la batterie est en floating.

L’achat d’une batterie nécessitera un sérieux investissement pour le chargeur de type U/I. Le plus célèbre dans notre domaine est le modèle Minnkota en 5A ou 2x5A (double sortie pour charger 2 batteries à la fois) mais il y a bien d’autres marques comme Cteck, beaucoup plus compact car 100% électronique.

Pour maintenir la charge, j’utilise un chargeur de maintien type moto ou camping-car, ce dernier remplit tout à fait la fonction de maintien de charge mais aussi la recharge si cette dernière n’est pas importante. Son principal avantage est son prix peu élevé (entre 12 et 30 € suivant l’ampérage) qui permet d’en avoir autant que de batterie, car évidemment, pour maintenir une batterie en floating, il faut que le chargeur U/I soit branché en PERMANENCE sur la batterie et sur le secteur.

En respectant ces usages, vous n’altérerez pas la durée de vie de votre batterie et vous aurez de plus, une batterie toujours au top de sa forme, enfin un souci de moins avant le départ en session.


Batterie en mode Floating


 La tension est optimale

 

En session :


C’est bien sur en pleine partie de pêche que nous avons besoin de notre batterie, et c’est aussi le moment de veiller attentivement à son état de forme. Son pire ennemi sera la décharge profonde, car le phénomène de sulfatation commencera immédiatement. L’outil indispensable du pêcheur soucieux de préserver son matériel est un voltmètre. Lui seul pourra vous donner un état assez précis de votre batterie. Il conviendra alors de ne pas trop descendre la tension de cette dernière (à l’état de repos).

 

Il y a trois valeurs à connaître :

- 12.8 V, la batterie est entièrement chargée

- 12,3 V, la batterie est à moitié chargée

- 11, 8 V, la batterie est entièrement déchargée, c’est un état très critique où l’on entamera fortement sa durée de vie.

Pour éviter les décharges profondes, j’ai préféré investir dans 2 batteries acide liquide/plomb de 125 A/h plutôt qu’une seule gel ou AGM malgré les réelles qualité de celles-ci pour un prix équivalent (300 €). Mes batteries sont équipées d’un voyant d’état de charge (vert = chargée, blanc= à charger et noir= HS), j’utilise la première jusqu’au voyant blanc, ce qui correspond avec mon voltmètre à une tension de 12,1 V, je passe ensuite sur la 2éme et mets la première à recharger sur mon panneau solaire 13W. Celui-ci ne fait que 0,75 A/h de courant de charge maxi, ce qui est réellement insuffisant pour recharger la batterie efficacement (il faut 10 h pour charger 7,5 A) mais qui à l’avantage de commencer le cycle de charge et donc de stopper la sulfatation.

Depuis quelques mois, je possède un deuxième panneau solaire 13W , maintenant je les branche systématiquement dès que je n’utilise pas le bateau et que le temps le permette. Je les relie aux batteries par l’intermédiaire de régulateurs de charge qui assure la même fonction qu’un chargeur type U/I. La tension à la sortie des panneaux solaire varie entre 17 et 23 V, le régulateur ne laissera passer que 13,8V et se mettra en floating dès que nécessaire. Par contre, ce système permet de recharger efficacement les batteries de petite capacité comme celle qui équipe les bateaux amorceurs en une journée.

 

 Panneaux solaires

 

 Régulateur de charge solaire


 Recharge autonome

 

Pour les plus courageux et les moins frileux qui bravent les températures hivernales, mettre sa batterie en état de décharge profonde pourra occasionner le gel de l’électrolyte qui ne sera constitué quasiment que d’eau.

Dernière précaution, ne laisser jamais votre batterie en plein soleil au beau milieu de l’été, la température à l’intérieur grimpera largement au dessus des 40°c, et une dégradation irréversible aura lieu, notamment pour les AGM. Cherchez-lui de l’ombre ou créez-en dans votre bateau. C’est un facteur que la majorité des pêcheurs oublient, mais qui a un réel impact sur sa durée de vie.

 

J’ai usé, détérioré, mal entretenu de nombreuses batteries pendant des années en mettant tous mes déboires sur le dos de mal façon et de « pas de chance ». Il y a 3 ans, je me suis renseigné sur la meilleure façon d’utiliser et d’entretenir sa batterie. J’applique depuis ces quelques principes sans jamais y déroger et mes batteries sont dans le même état qu’a leur achat avec les mêmes performances. Appliquez-les à votre tour, vous ne le regretterez pas…

 

Jean François MALINGRE